Et ses cheveux sombres sur ses maigres épaules,
Dans des subtiles frissons de feuillages de saules,
L'habillent comme font les cyprès des tombeaux.
Elle porte toujours ses robes par lambeaux,
Elle est noire, méchante; mais au-dessus de sa tête une auréole,
Or qu'on la mette aux geôles, qu'on la batte à jamais à grands fouets de tôles.
Gare d'elle, mortels, c'est la chair des corbeaux!
Elle avait souri d'une bonté profonde,
Je l'aurais crue aimable et sans souci du monde
Nous nous serions tenus, elle et moi par les mains.
Mais, quand je lui parlai, le regard noir d'envie,
Elle me dit: «Tes pas ont souillé mes chemins.»
Certes tu la connais, on l'appelle LA VIE !



